1958 - DANGER PLANETAIRE

(The Blob)
de Irwin S. Yeaworth Jr (Etats-Unis)
avec Steve McQueen, Aneta Corsaut, Earl Rowe, Olin Howland, Alden Chase, John Benson, George Karas, Lee Paton

Tourné pour 120 000 dollars (même si le producteur Jack Harris annonçait à l’époque un budget double), Danger Planétaire semble vouloir mixer la science-fiction traditionnelle avec les thématiques de La Fureur de Vivre. Ici aussi, les adolescents se heurtent à l’incompréhension des adultes, bravent l’autorité et pratiquent même les courses de voiture. En ce sens, Steve McQueen marche sur les mêmes traces que James Dean, les deux comédiens partageant un penchant pour l’indocilité, la vitesse et les bolides. Lorsque le film commence, Steve Andrews (McQueen) et Jane Martin (Aneta Corsaut) flirtent sous la voûte étoilée, tandis qu’une météorite tombe à proximité. Pas plus grosse qu’une boule de bowling, elle est découverte par un vieil homme qui la triture avec un bâton. Il en extrait une substance gélatineuse qui recouvre sa main et dont il ne peut plus se défaire. 

Alors qu’il s’enfuit à travers la route, nos deux tourtereaux manquent de l’écraser et décident de le transporter jusqu’au cabinet du docteur Hallen (Alden Chase). Là, ils constatent que la substance a grossi tout en prenant une teinte rouge vif. Bientôt, la substance engloutit entièrement le vieil homme, ainsi que le médecin et son infirmière. Steve et Jane s’efforcent dès lors de prévenir la police et d’alerter la population, mais bien entendu personne ne les croit. Et pendant ce temps, notre monstre glouton multiplie les victimes, gobant notamment un garagiste affairé sous un châssis. La scène la plus mythique du film est celle où le blob attaque un cinéma qui projette un film d’horreur. Il y pénètre par une grille d’aération, puis avale le projectionniste avant de s’écouler dans la salle. Alors que la foule jaillit du cinéma en hurlant, un policier livide lâche à son collègue : « c’est la chose la plus horrible que j’ai jamais vue ! »

Au cours du climax, nos héros sont emprisonnés dans un petit restaurant, que le monstre s’apprête à submerger sous sa masse. Or rien ne l’arrête : ni l’acide, ni les coups de fusil, ni même le câble à haute tension qu’on abat sur lui. Alors que tout semble perdu, Steve se rend compte que les extincteurs au CO2 stoppent sa progression. Le froid est donc la parade ultime. Congelé, le blob est alors transporté par avion cargo jusqu’en Antarctique où on l’abandonne, tandis que le mot « FIN » à l’écran se mue en point d’interrogation. Si le terme « blob » est, depuis, entré dans le langage courant, personne ne le prononce dans le film. On parle de « chose », de « parasite », de « masse » ou de « monstre », mais la créature demeure indescriptible, comme dans un récit de Lovecraft.

Les effets spéciaux mis à contribution, principalement un ballon-sonde modifié et du gel silicone coloré, sont d’une simplicité mais d’une efficacité remarquables. Face à cette masse écarlate monstrueuse qui menace de tout englober sur son passage, il n’est pas difficile de lire une métaphore du péril communiste, même si la couleur rouge a probablement été choisie de prime abord pour visualiser le sang des victimes absorbées. Grâce à Danger Planétaire, Steve McQueen décrochera le premier rôle de la série Au Nom de la Loi avant de devenir la star que l’on sait.
© Gilles Penso 
Thema: BLOB, EXTRA-TERRESTRES



BONUS : Le poster belge et son titre délicieusement contradictoire (Blob, Terreur sans Nom)

BONUS : Le poster espagnol, qui n'hésite pas à en faire trop !