1959 - CALTIKI, LE MONSTRE IMMORTEL

(Caltiki, Mostro Immortale)
de Riccardo Freda (Italie)
avec John Merivale, Didi Sullivan, Gerard Herter, Daniella Rocca, Giacomo Rossi-Stuart, Daniele Vargas
 


Les succès successifs de La Marque et Danger Planétaire incitent bien vite les producteurs italiens à en initier une imitation. Le vétéran Ricardo Freda (sous le pseudonyme de Robert Hampton) la réalise en 1959 sous le titre Caltiki, le Monstre Immortel. Mais si le monstre ici mis en scène est très proche des blobs d’Irwin S. Yeaworth Jr et Val Guest, le cadre dans lequel il surgit n’a pas grand chose à voir avec celui de ses modèles. Dans un somptueux noir et blanc, les membres d’une expédition archéologique étudient les ruines mayas de la cité de Tikal, au cœur de la jungle mexicaine. A la faveur d’une éruption volcanique, ils mettent à jour une caverne souterraine inconnue. Là trône la statue de la déesse antique Caltiki. Pour une raison mystérieuse, le site semble avoir été déserté il y a des siècles par la peuplade ayant bâti la cité.

Au cours de l’une des scènes les plus mémorables du film, des visions sous-marines de ce temple somptueusement gothique nous révèlent de nombreux squelettes épars. Bientôt un monstre visqueux et informe, vieux de vingt millions d’années, émerge du lac pour attaquer les savants. Deux d’entre eux découvrent à leurs dépens que le contact de ce blob antédiluvien s’avère particulièrement corrosif. Le film nous gratifie alors de quelques effets gore au cours desquels le visage d’un plongeur est affreusement décomposé et le bras d’un malheureux rongé jusqu’à l’os. « Je n’ai jamais rien vu de tel en médecine » déclare un chirurgien une heure plus tard. « La chose a absorbé dans le bras toute la substance vitale. » La curiosité du professeur John Fielding (John Merivale) n’en est que plus accrue. Ramenant de l’expédition un échantillon du monstre, il le conserve dans son bureau pour pouvoir l’étudier.

La prophétie inscrite dans le temple souterrain affirmait « Caltiki est une et immortelle, et quand l’époux du ciel viendra, la puissance de Caltiki détruira le monde ». Si le blob semble correspondre à Caltiki (c’est une créature monocellulaire et millénaire), qui est donc ce mystérieux époux ? La réponse ne tarde pas. Car une comète chargée en radio-activité, qui ne passe à proximité de la terre que tous les 1352 ans, s’apprête à apparaître dans les cieux. Pour couronner le tout, Max (Gerard Herter), le survivant du massacre, se laisse peu à peu gagner par la folie meurtrière et s’évade de l’hôpital où il était soigné. Quant au blob lui-même, il atteint d’inquiétantes proportions, se déploie et se multiplie…

Les déplacements du monstre visqueux s’avèrent particulièrement réussis, même si les décors miniatures qu’il engloutit dans son inexorable avancée ressemblent bien souvent à des jouets (tout comme les véhicules qui explosent au fil du film ou les tanks qui encerclent le monstre pendant le climax). Ces effets spéciaux sont l’œuvre de Mario Bava, qui prêta main-forte à Ricardo Freda pour la réalisation de certaines séquences (voire de la majorité du film selon certaines sources), un an avant de diriger son chef d’œuvre Le Masque du Démon. Sa patte est aisément reconnaissable dans les séquences les plus atmosphériques de cet étrange mixage de science-fiction et de mythologie antique.

© Gilles Penso
Thema:
BLOB