Théma EXOTISME FANTASTIQUE

 
« La jungle était un colosse noir enserrant dans ses bras d’ébène la clairière jonchée de ruines. » (Robert Howard, La Reine de la Côte Noire)

Jungles mystérieuses, continents oubliés, peuplades inconnues, hommes-singes vivant parmi les bêtes et archéologues intrépides… L’exotisme et le fantastique ont souvent fait bon ménage.… « Ce fut toujours ma conviction que, malgré nos armées d’explorateurs, il demeure bien des choses secrètes, bien des territoires et des êtres étonnants sur notre globe », affirmait J.H. Rosny aîné, célèbre auteur de « La Guerre du Feu ». Se substituant aux géographes à une époque où le globe n’était pas encore intégralement cartographié, de nombreux écrivains imaginèrent donc des mondes sauvages non encore dénichés par la civilisation, s’inspirant souvent du mythe biblique du « paradis perdu » cher à John Milton.

Sir Henry Rider Haggard s’aventura ainsi dans « Les Mines du Roi Salomon » (1885) ou dans le royaume de « She » (1887), Pierre Benoît dans « L’Atlantide » (1919), James Hilton dans « Les Horizons Perdus » (1933), Dennis Wheatley dans « Les Mers Inexplorées », autant de romans joyeusement dépaysants qui connurent les honneurs du grand écran dès le cinéma muet. Au motif du monde perdu s’adjoint parfois la « rétrocipation », un terme créé par opposition à l’anticipation et décrivant les récits situés dans un passé lointain reconstitué de toutes pièces. Les grandes épopées préhistoriques de J.H. Rosny Aîné (« La Guerre du Feu ») ou Jean M. Auel (« Le Clan de la Caverne des Ours ») s’inscrivent dans ce courant, qu’on pourrait également qualifier de « paléo-fiction ». Hommes des cavernes, mammouths, tigres à dents de sabre et rhinocéros laineux s’y côtoient sauvagement.

Autre figure récurrente de l’exotisme fantastique, l’enfant élevé par les animaux de la jungle et régnant tel un roi sur les peuplades animales est un grand classique depuis « Le Livre de la Jungle » de Rudyard Kipling (1894) et le cycle des aventures de Tarzan d’Edgar Rice Burroughs (1912). Mais le cinéma a su parfois créer ses propres mythes, indépendamment de toute préexistence littéraire. Le personnage d’Indiana Jones en est un bon exemple. Archéologue lancé sur les traces des trésors antiques, cet universitaire intrépide foule les sites exotiques, se heurte à des dangers volontiers surnaturels, et inspire lui-même de nombreux romans, bandes dessinées et jeux vidéo. De Tarzan à Indiana Jones, d’Allan Quatermain à Lara Croft, d’Antinéa à Sheena, voici donc un petit tour d’horizon de l’exotisme fantastique sur grand écran.
© Gilles Penso

INDEX DES FILMS CHRONIQUÉS: 

1921: L'Atlantide de Jacques Feyder
1931: L'Atlantide de G.W. Pabst
1932: Tarzan l'Homme-Singe de W.S. Van Dyke
1934: Tarzan et sa compagne de Jack Conway
1937: Les Horizons Perdus de Frank Capra
1961: L'Île Mystérieuse de Cy Endfield
1975: Doc Savage arrive ! de Michael Anderson
1981: Les Aventuriers de l'Arche Perdue de Steven Spielberg
1982: Ironmaster, La Guerre du Fer d'Umberto Lenzi
1984: Indiana Jones et le Temple Maudit de Steven Spielberg
1989: Indiana Jones et la Dernière Croisade de Steven Spielberg
2000:
Lara Croft - Tomb Raider de Simon West
2003: Lara Croft - Tomb Raider: le Berceau de la Vie de Jan de Bont
2008: 10 000 de Roland Emmerich
2008:
Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal de Steven Spielberg
2009: Humains de Jacques-Olivier Molon et Pierre-Olivier Thévenin
2012: Sur la piste du Marsupilami d'Alain Chabat