2010 - MONSTERS



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de Gareth Edwards (Grande-Bretagne)
avec Scoot McNairy, Whitney Able, Mario Zuniga Benavides, Annalee Jeffries, Justin Hall, Ricky Catter, Paul Archer 

Monsters est une merveille, un film en état de grâce qui prit tout le monde par surprise, d’autant que son réalisateur, Gareth Edwards, était alors totalement inconnu du public. Sa maîtrise précoce des trucages numériques lui permit de faire ses premières armes à la télévision britannique, où ses talents profitèrent à une demi-douzaine de téléfilms, documentaires et séries. En 2009, Edwards décida de passer à la vitesse supérieure en se lançant dans un projet totalement insensé : mettre en chantier un long-métrage de science-fiction avec un budget de 800 000 dollars, une équipe réduite à sa plus simple expression et des décors naturels, et occuper lui-même tous les postes clefs : écriture, réalisation, direction artistique, photographie et effets spéciaux.  

Monsters aurait pu n’être qu’une bande démo de technicien surdoué ou un fan-film malin et opportuniste. Il n’en est rien. Son savoir-faire, le jeune cinéaste britannique le met tout entier au service de son récit initiatique et de ses personnages à fleur de peau. Filmé avec la sensibilité et le supplément d’âme des meilleurs longs-métrages indépendants de la nouvelle vague anglo-saxonne, Monsters porte un titre volontairement trompeur. Ici, les monstres ne sont que des figurants. C’est surtout l’homme qui nous intéresse. Et pour renforcer le naturalisme de son premier long-métrage, le cinéaste choisit comme acteurs principaux un véritable couple (Scoot McNairy et Whitney Able). L’audace du film repose donc principalement sur le décalage surprenant qui s’opère entre sa mise en forme minimaliste et son postulat de science-fiction pure et dure. 

Un texte introductif nous annonce qu’après la chute en Amérique du Sud d’une sonde de la NASA contenant une forme de vie extraterrestre, des créatures gigantesques se sont multipliées dans un périmètre mis en quarantaine au sud de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Six ans plus tard, la menace n’a pas été éradiquée, et le photographe Andrew Kaulder est envoyé au cœur de cette zone hostile pour récupérer Samantha Wynden, la fille de son patron. Les moyens de rapatriement les moins dangereux n’étant plus disponibles, ils vont devoir s’enfoncer dans une jungle effrayante, tandis que partout rodent les créatures monstrueuses… 

En constituant à lui seul le plus gros de son équipe technique, Gareth Edwards peut non seulement réduire les frais de son film mais aussi en garder le contrôle artistique total. Sans la pression d’un studio, il peaufine ainsi pendant un an ses effets visuels jusqu’à obtenir un résultat de très haute qualité. Extrêmement spectaculaires, les monstres du film restent pourtant très discrets à l’écran. Edwards pallie ainsi son maque de moyens par une gestion intelligente du hors champ, héritée du cinéma de Steven Spielberg (notamment des Dents de la Mer, Jurassic Park et La Guerre des Mondes). Tout en retenue, Monsters ménage ses effets pour mieux nous surprendre, porté par une bande originale envoûtante de Jon Hopkins. On sent bien, au fil de son découpage millimétré, que le filme marque les débuts d’un cinéaste extrêmement prometteur. La suite de la carrière d’Edwards confirmera tous les espoirs suscités par Monsters.

© Gilles Penso

BONUS : Premier design des monstres


BONUS : Gareth Edwards dirige les opérations