1983 - LES DENTS DE LA MER 3



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(Jaws 3D)
de Joe Alves (USA)
avec Dennis Quaid, Bess Armstrong, Louis Gossett Jr, Simon Mac Corkindale, Lea Thomson, John Putch, P.H. Moriarty, Dan Blasko

Si Les Dents de la Mer 2ème Partie ne parvenait guère à renouveler le mythe créé par Steven Spielberg, Jeannot Szwarc y avait injecté une mise en scène efficace et des séquences plutôt bien ficelée. En revanche Joe Alves, directeur artistique promu réalisateur à l’occasion de cette seconde séquelle, ne réussit plus vraiment à faire illusion. Au cours de la scène d’intro, un poisson se retrouve décapité en vue subjective, puis sa tête se met à flotter à l’avant-plan, au beau milieu de l’océan, en un plan spécifiquement conçu pour le relief. Car Les Dents de la Mer 3 a été tourné en 3D, conformément à un regain aussi soudain qu’éphémère pour ce procédé très en vogue dans les années 50. Tout au long du métrage, des séquences d’une grande gratuité exploitent donc la vue tridimensionnelle (bras tranché qui flotte, visite en bathyscaphe d’un vieux galion échoué sous l’eau, tir à l’arbalète, cascades en ski nautique), tandis que le compositeur Alan Parker (aucun lien avec le réalisateur de Midnight Express) reprend servilement le thème de John Williams. 

Le scénario, qui emprunte sans risque la structure habituelle des films catastrophe, commence par l’inauguration de Sea World, un nouveau parc d’attractions sous-marines équipé de galeries en plexiglass et d’un laboratoire immergé où le public peut voir évoluer des dauphins, des phoques et même des requins, le tout étant installé dans un lagon artificiel relié à la mer par un canal. Mike Brody (Dennis Quaid), qui y est employé, retrouve bientôt son jeune frère Sean (John Putch), tous deux étant le seul lien entre ce film et les deux précédents (ce sont les fils du shérif joué par Roy Scheider). Une fois que tous les protagonistes sont en place (l’entrepreneur incarné par Lou Gossett Junior, le cinéaste intrépide que campe Simon McCorkindale, l’employée de Sea World jouée par Lea Thompson), la menace prend enfin la forme prévisible d’un grand requin blanc. Capturé et exhibé dans le parc, le poisson carnivore ne survit pas à sa captivité… 

Et c’est là qu’intervient sa mère, longue de dix mètres et pas du tout contente. Si les protagonistes et les dialogues rivalisent d’insipidité et de stupidité, les scènes de panique fonctionnent plutôt bien, notamment grâce à l’excellence des effets spéciaux mécaniques qui rendent le monstre fort impressionnant. Quelques séquences choc font également mouche, comme l’apparition d’une tête de victime défigurée au milieu d’un aquarium, ou l’engloutissement intégral d’un homme par la maman requin en colère. Mais cette seconde séquelle demeure grossière d’un bout à l’autre et s’achemine vers un final singulièrement tiré par les cheveux. Difficile de reconnaître dans ce fatras d’incohérences la patte de Richard Matheson, excellent auteur de science-fiction qui fut sollicité pour écrire le scénario mais dont le travail fut saboté par une batterie d’auteurs additionnels. On regrette surtout qu’Universal ne soit pas allé au bout de son idée initiale, qui consistait à faire de ce troisième épisode une parodie titrée Jaws 3 – People 0 et réalisée par Joe Dante. Le résultat eut certainement été plus réjouissant que cette baudruche en relief sans âme.

© Gilles Penso
Thema: Monstres Marins